


Témoignage client-adhérent Cerfrance
Créer, diversifier et transmettre une passion entrepreneuriale
"Personne ne croyait vraiment à ce projet, mais j’étais convaincu qu’il fallait essayer. J’ai commencé avec une société ayant la compétence sur le compostage et qui cherchait des terrains et des agriculteurs motivés. "
Anaïs Troton : Présentez-nous votre histoire entrepreneuriale et familiale ?
Jean-Marc Joubert-Boitat : Notre famille a toujours été dans l’agriculture avec des activités complémentaires. Mon père était agriculteur et entrepreneur : il avait des cultures et une activité de battage pour laquelle il possédait une demi-moissonneuse avec son frère. De leur côté, les parents de mon épouse avaient à la fois une exploitation laitière, une activité de ramassage de lait et des cultures de fraises en vente directe. Quand je me suis installé à la Côte-Saint-André, il y a 46 ans, j’ai travaillé avec mon père et j’ai vite développé les activités de travaux agricoles, en passant à quatre machines et en ajoutant une prestation de labours.
J’ai toujours pensé que la diversification était la clé du développement. J’ai visité des fermes dans le monde entier, notamment en Amérique latine, pour trouver des idées d’évolution. En 1987, j'ai rejoint un projet collectif d’irrigation de grande ampleur. Nous avons créé une CUMA1 à huit agriculteurs. C'était une structure peu courante à l’époque. Elle est ensuite devenue une ASA2 de 900 ha et je l'ai longtemps présidée.
A.T. : Quel a été le point d’étape le plus important de votre longue carrière d’entrepreneur ?
J-M. J-B. : Le projet de création d’une plateforme de compostage a constitué un tournant. Il y a presque 20 ans, les activités agricoles étaient très fragiles et nous venions d’arrêter l’activité laitière. Je cherchais de nouvelles opportunités. Personne ne croyait vraiment à ce projet, mais j’étais convaincu qu’il fallait essayer. J’ai commencé avec une société ayant la compétence sur le compostage et qui cherchait des terrains et des agriculteurs motivés.
La plateforme a permis de réorganiser les activités de l'ETA : de nouvelles prestations ont été créées (épandage de compost, de déchets verts puis de boues, surveillance de la plateforme...) et la part de battage a diminué. C’était une option que je voulais mettre en place dans une optique de stabilité, pour avoir une équipe de salariés permanents plutôt que des saisonniers. Cela correspondait mieux à ma vision du rôle de chef d’entreprise.
A.T. : Laetitia, pourquoi avoir choisi de vous impliquer dans l’aventure familiale ?
Laetitia Joubert-Boitat : C'est vraiment une entreprise familiale, je travaille avec mon père, mais aussi avec mon mari, Alain, et mon frère, Romaric. Nous sommes conscients d’avoir bénéficié de plusieurs générations de visionnaires qui ont toujours su rebondir. C’est ce que nous voulons faire perdurer et que nous aimerions transmettre le moment venu. Depuis plusieurs années, nous travaillons à l’organisation de l’ensemble des activités. Nous avons fait des choix de production, par exemple en baissant la part des fruits rouges au profit de la noix, et nous avons créé des structures juridiques différentes pour chaque « pôle » (cultures, travaux agricoles, compost, foncier…).
Même si je reste infirmière à mi-temps, je suis de plus en plus impliquée dans les différentes entreprises. Je gère les aspects administratifs, mais aussi stratégiques. Mon frère et mon mari travaillent davantage sur la partie agricole. Ils exploitent plus de 150 ha de terres avec des cultures de noyers, de céréales et de fruits rouges. Nous tenons à garder cette diversification de nos activités, qu’elles soient purement agricoles ou pas.
A.T. : Quels sont vos projets ?
L. J-B. : En premier lieu, le développement de la plateforme de compostage et le traitement d’autres boues. Nous réfléchirons ensuite au départ à la retraite de papa et à la nécessaire transmission de son patrimoine. Il possède toujours des terres à titre personnel et une entreprise individuelle pour la réalisation des travaux agricoles. La relève familiale semble envisageable puisqu’une de mes nièces souhaite reprendre l’entreprise de travaux agricoles. La nouvelle génération est la bienvenue pour continuer d’écrire l’histoire de la famille Joubert-Boitat.
Les clés de la réussite
Les conseils de Jean-Marc Joubert-Boitat aux futurs installés :
1 - Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et se diversifier tant en termes d’activités que de structures juridiques.
2 - Rester en veille par rapport aux évolutions techniques et aux process des autres entreprises.
3 - Ne pas craindre les nouveautés.
4 - Savoir s'adapter dans un contexte qui évolue.
